BERGMAN

Il faut saluer la belle initiative de Télérama , qui édite avec son dernier numéro, en hommage à Bergman, deux de ses plus grands films pour la somme très modique de 9 €.
Le terrible et glacial "Cris et Chuchotements" de 1972 dissèque de manière très froide et souvent presque insoutenable l'agonie d'une femme entourée de ses deux soeurs insensibles et égoïstes. Flashs-back, scènes ambigües, cruauté, sensualité trouble, non dits...Un des plus grands films du grand Ingmar mais pas le plus facile d'accès (mais indispensable, comme beaucoup de Bergman, pour qui aime Lynch par exemple et voir comment ce dernier s'en est inspiré) .
Plus léger (enfin, pour du Bergman ^ ^), et en tout cas plus linéaire, "Monika" de 1953 raconte l'amour fou qu'un couple s'en va vivre sur une ile avant d'être peu à peu rattrapés par la civilisation et le déclin de leur amour. Il y a un plan dans ce film où l'héroïne prend le spectateur à témoin face caméra (sans doute une des premières fois où ce procédé était utilisé) avant de coucher avec un autre homme, De ce plan, Godard dira qu'il s'agit du "plan le plus triste de l'histoire du cinéma".

"Monika" ainsi que "Saraband" sont par ailleurs actuellement visibles sur grand écran à Paris, en reprise, en hommage au maître.