Non au foot-business : les rebelles de Wimbledon

Publié le par Silvain

Les rebelles de Wimbledon

ILS SONT PLUS DE 3 000 encore, cet après-midi, à traverser Wimbledon jusqu’à Kingston, à passer sous l’arche du Fan’s stadium de Kingsmeadow partagé avec les Kingstonians, à payer dix livres pour franchir le tourniquet et s’installer en terraces, ces places debout derrière le but qui n’existent plus en Premier League. Des bénévoles passent dans les rangs en agitant un seau qui récupère de la petite monnaie : les fonds seront destinés au futur stade. Rendre visite à l’AFC Wimbledon, c’est se souvenir de ce qu’était le foot anglais il y a trente ans. Le stade est plein. Il faut faire la queue dix minutes pour acheter des frites au vinaigre. Le programme du match est aussi luxueux qu’à Chelsea ou à Arsenal, et au moment du coup d’envoi, il n’en restera plus un seul à vendre.

L’AFC Wimbledon reçoit Fisher Athletic en English Nationwide South, niveau six du football anglais.

Depuis 2002, les supporters de l’AFC Wimbledon sont les symboles d’un autre football. Après la descente du Wimbledon FC en D 2 en 2000, alors dirigé par Egil Olsen, les propriétaires norvégiens ont obtenu de trois bureaucrates de la Fédération anglaise que le club soit déplacé à Milton Keynes, à 90 kilomètres de Londres. Ce qui déclencha la révolte des fans des « Dons ». Se sentant dépositaires de la mémoire d’un club dépassant les cent dix ans, refusant l’exil d’une ville anonyme du Buckinghamshire, quelques-uns d’entre eux se sont réunis, en juillet 2002, au pub Fox and Grapes, à Wimbledon. Là où l’équipe venait se changer en 1889, là où Vinnie Jones, Dennis Wise, John Fashanu et le « Crazy Gang » étaient venus siroter une bière la veille de la finale de Cup gagnée, en 1988. En six semaines, ils avaient réussi. 230 joueurs étaient venus à l’essai, dont un certain Joe Sherin, qui avait joué quinze minutes avec Chelsea en remplaçant Zola, et 5 000 personnes étaient venues assister au premier match de préparation.

Depuis, l’AFC Wimbledon a fait des petits : après l’AFC United of Manchester, né en 2005 pour contester la prise de pouvoir de la famille Glazer, la naissance de l’AFC Liverpool est annoncée. Depuis, surtout, ceux qui se désignent comme les « Dons » et jouent en bleu et jaune, comme le Wimbledon FC de toujours, ont obtenu trois montées en cinq ans. Ils ont disputé pour la première fois, en novembre, le premier tour de la Cup face àWycombe (1-4) et n’avaient pas fait mystère de la filiation : sur le billet d’entrée, on pouvait voir en surimpression le gardien Dave Beasant lever la Cup de 1988. Et Marcus Gayle, ancien joueur de la génération suivante, est l’entraîneur de la réserve. Hier après-midi, l’AFC Wimbledon a dominé Fisher Athletic (3-0) et consolidé sa deuxième place, à neuf points de Chelmsford, mais avec deux matches en moins. Son manager, Terry Brown, avoue : « Je suis venu pour faire partie d’une histoire spéciale, dans un club spécial. »

La quête continue.

Source l'Equipe

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article