Bubble

J'avais perdu Steven Soderbergh de vue depuis "Sexe, Mensonges et Vidéo" (un de mes films cultes) et depuis qu'il réalisait des films très hollywoodiens ("Traffic", "Ocean's Eleven"...), il revient cette année à un cinéma plus expérimental avec "Bubble", un film austère et étrange tourné dans un trou perdu des Etats-Unis sans aucun acteur professionnel. Cette prise de risque pour un type qui n'a rien à y gagner et le bide total du film chez nos amis américains (tu m'étonnes) et ici m'a attiré, et le fait est que c'est un film à voir.
Un jeune homme, Kyle, et une dame d'une cinquantaine d'années, Martha, bossent ensemble dans une usine, malgré leur différence d'âge importante, ils sont amis. Un jour, une jolie jeune femme, mère célibataire, Rose, est embauchée. Entre elle et Kyle se noue le début d'une histoire que l'on devine bientôt d'amour. Cette relation jette une ombre entre Kyle et Martha. Un matin le corps de Rose est retrouvé sans vie dans sa maison.
L'intérêt n'est pas de savoir qui a tué Rose, on le sait dès le début, mais ce que cherche à montrer Soderbergh, c'est comment dans une vie où rien ne se passe, le moindre élément un peu "perturbateur" peut mener à la folie. Les "acteurs" sont étonnants de justesse, le film est court (1h10), glacé et vraiment implacable. On médite en sortant de la salle.
De Steven Soderbergh avec Misty Wilkins et Dustin Ashley.