thalasso
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"Rien de tel que la thalasso" avait dit le médecin.
Dans quelques jours, avait-il assuré, Lucie serait sur pieds.
Depuis l'accident, je ne la reconnaissais plus. La fille menue et pleine de vie que j'aimais avait laissé place à un être craintif, mince à en faire peur et presque muet.
Nous rejoignîmes la station balnéaire le Dimanche soir. Lucie n'était guère enthousiaste et, comme d'habitude, ne dit presque pas un mot.
Les soins commencèrent dès le lundi matin. Douches, bains, jets d'eau brûlants. J'imaginais son corps chétif et affaibli sous la puissance des eaux. J'en frémissais.
Je la retrouvai le soir, fatiguée mais souriante. Elle s'endormit en me parlant toujours aussi peu, mais moi, je la regardai dormir un peu rassuré.
Le lendemain matin, elle partit en avance. Massages, bains d'algues et de boue. Je ne la retrouvai que tard le soir, sur la plage toute proche. Je restai longtemps à la regarder nager dans l'océan.
Les deux jours suivants, il plût. Cela semblait plaire à Lucie.
Son corps reprenait vie. Je m'en rendis compte en l'observant à la piscine. Elle mangeait d'avantage, aussi.
C'est le vendredi soir qu'elle m'a annoncé qu'elle me quittait. Qu'elle ne rentrerait pas à Paris avec moi. Puis elle se mit à me dire beaucoup d'autres choses. Elle disait surtout qu'elle y voyait enfin clair.
J'ai repris la route seul, bercé par le bruit des essuie-glaces. Je ne pouvais m'empécher de penser que c'était toute cette eau qui avait rendu la parole à la fille que j'aimais, et éclairci à ce point sa vision des choses. Hélas pour moi.
Le médecin l'avait bien dit "rien de tel que la thalasso".