Le Havre, rock-city

Ce livre de Maylis de Kerangal parle de trois choses essentielles à la vie : le Havre, les filles, le rock. Ca parle aussi d'un quatrième truc mais ça on s'en fout. Trois jeunes lycéennes découvrent le rock et la vie au Havre, en 1978. Au delà de l'histoire, il faut être havrais, de souche ou d'adoption, pour ressentir comme il se doit la magnifique façon dont l'auteure nous fait humer et comprendre l'ambiance si spécifique de cette ville étrange, cette ville qui ne vous lache plus quand vous l'avez adoptée (ou quand c'est elle qui vous a adopté, j'sais pas...). Un merci à ma douce pour le cadeau :-)
"...une ville de béton dressée en bout d'estuaire, un flanc sur le fleuve, un flanc sur le plateau, la tête contre la mer, une ville qui 30 ans après les bombes de la guerre n'en finit pas de se trouver méconnaissable, laide, blousée, refaite de son histoire, du lustre de son passé, inconsolable. Le vent circule dans un bruit d'enfer, et avec lui, la marche des années Giscard (...) La présence du rivage,le climat violent, le béton Perret, la pluie polymorphe (...) Le Havre est un port, et pas n'importe lequel. Une combinaison serrée de communisme municipal, de prolétariat et de liaisons journalières par ferry avec Southampton l'ont façonné formidable récepteur-émetteur à sons d'outre manche. Les disques nécessaires y arrivent plus vite qu'ailleurs, et les jeunes groupes rock débarquant là tournent toujours un soir ou deux avant de filer sur Paris. De sorte que le Havre, à l'instar de Liverpool, Hambourg ou Manchester, est déjà une rock-city."
"Dans les Rapides" de Maylis de Kerangal, éditions Naïve, 2007.
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